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VESTIGES PARTIELS

Ma fraude est de dentelles

Ton slip fendillé glisse

Quand par irruption

Une main savante

Travaille sa revanche

Une peu honteuse

De t’avoir poussé là

Je manipule l’altercation

Tel un chalumeau malgré

Les scrupules tendres

De ton coffre-fort

Le crime passionnel

Salive un quartier latin

De muqueuses meurtries

Par d’autres afflictions

L’insidieux branchement

N’ayant ni prix ni remède

Se décompose peu à peu

En un effritement des soudures

Dont je laisse

Recharger les batteries

Par décharges lourdes

Ma fraude est de dentelles

Ton slip fendillé glisse

Quand par irruption

Une main savante

Travaille sa revanche

Une peu honteuse

De t’avoir poussé là

Des traits de résistance passive

Se dessinent sur ton visage relâché

Tes longs cils papillotent

Frêles et nerveux

Dans leur sculpture

À la cosmétique craquelée

Par endroits tu m’invites

Retenue par le moment

Tel un mince fil conducteur

Aux sens amputés

À leur détonation

Sans destinataire

S’étouffant dans les draps

J’exulte en défaillances

Par réplétion avide

Glouton je sais

Que l’on ne saura jamais

S’aimer

Alors tu en redemandes

Dans la bouche

Tu sues pour moi tu saignes

Tu me prêtes ton cul

Et je ne t’offre

Jamais directement d’argent

Tu dis que tu aimes mes yeux

Mon style mes idées ma race

Ma fraude est de dentelles

Ton slip fendillé glisse

Quand par irruption

Une main savante

Travaille sa revanche

Une peu honteuse

De t’avoir poussé là

J’avoue pour ma part

Que ce sont surtout tes hanches

Ta peau toujours adolescente

Ton entrejambe enveloppé

En surprise party

En magazine de mode ambigu

En qui pousse à revenir

Tricher pour cela

Et les morsures

Qui tressent des bleus

C’est tout ça bien sur

Mais ce n’est pas tout.

(poème extrait de NE JAMAIS RIEN DIRE, écrit Nov.1987 à Dublin, paru en 1989 au Qc)

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